lundi 22 mars 2010

Brightblack Morning Light - selftitled (2006)


À la première vue c’est comme un film de Jodorowski, mais qui enlève la psychanalyse pour n’y laisser que cette espèce de mysticisme né dans le désert. On est même capable de sentir la présence des anciennes entités des Alliklik, des Kumeyaay ou des Chumash. C’est la première information que le groupe nous livre : leur identification et leur admiration avec les nations indiens américaines, avec leur culture et avec leur spiritualité. Donc, on peut attendre une musique d’orientation très méditative, à chercher une certaine transcendance, et qui pour cela nous offre une idée de temps, en nous exigeant également le temps.
Et il s’agit toujours d’un temps ralenti, marqué par la voix douce et sereine de Rachel Hughes et Danielle Stech-Homsy (pour le dernier album qui a sorti en 2008 elle n’était plus avec le groupe), et qui on veut entendre encore et encore. Ce temps sera artificiellement manipulé par les techniques (le reverb surtout) de Nathan Shineywater, qui se met à fonds pour nous offrir les conditions nécessaires pour l’immersion dans ce rêve. Et après il n’est qu’à nous.

Avec cet album on a l'opportunité de réviser les critères pour définir en quoi se constituerait une religion, qu’est-ce que fonderait les principes les plus basiques du phénomène qu’on appelle croire? Pour ce qui est de la religion des personnes derrière cette musique imposante on peut sans problèmes penser à un naturalisme, qui passerait par une simple posture éco – très valorisée dans nos jours – si n’était pas les fort sens d’histoire qui marque l’album. Apparemment dans leur vie en plein air, à côté de tout ce qui existe de plus brut et nature, que le sens de d’appartenance à une histoire très distante les ai été réveillé. Dans certaine mesure cet album chante à cette histoire.

Alors, c’est le moment d’allumer le feu, d’attendre le shaman, parce que la cérémonie doit commencer.

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